Changer de regard sur l'échec scolaire

Changer de regard sur l'échec scolaire

Le Huffington Post

Le salon de l'étudiant "Spécial Parents" qui se tiendra le 8 octobre à Paris nous offre l'occasion de revenir sur les causes des difficultés scolaires et de remettre en question certaines idées reçues. L'orientation d'un élève vers une filière professionnelle ne devrait plus être envisagée comme un échec.

Echec scolaire: une pluralité de facteurs

Stigmatiser un adolescent sur la notion d'échec scolaire est lourd de sens. En effet, cela le renvoie à son niveau d'intelligence et à ses lacunes supposées en termes de capacités d'apprentissage. Pourtant, le lien entre manque d'intelligence et échec scolaire est loin d'être avéré. Il suffit de constater le nombre important d'élèves diagnostiqués surdoués qui se trouvent en situation d'échec, par exemple. Par ailleurs, les difficultés scolaires ont des origines multiples: problèmes de mémoire ou de concentration, déficience visuelle ou auditive, troubles du sommeil ou du comportement, environnement social et familial anxiogène, mauvaises méthodes de travail... Dans bien des cas, il s'agit davantage de l'inadéquation de l'adolescent au milieu scolaire que d'une faille dans ses capacités d'apprentissage.

En effet, à l'heure où un enfant de 3 ans sait déjà habilement utiliser une tablette et où la plupart des adolescents disposent de leur propre téléphone portable et surfent quotidiennement sur les réseaux sociaux, les supports pédagogiques classiques relevant d'un autre âge sont devenus pour la plupart obsolètes et peu adaptés aux codes des générations actuelles. Ces méthodes pédagogiques parfois désuètes contribuent à démotiver un élève, surtout s'il est déjà peu enclin à s'investir. Il serait donc judicieux de réfléchir à des moyens d'apprentissage qui soient plus adaptés à la jeune génération.

Comprendre et respecter la spécificité de l'adolescence

Rappelons également que l'adolescence reste une période pendant laquelle le jeune s'émancipe affectivement et cherche de nouveaux repères, le plus souvent en décalage avec l'autorité familiale ou institutionnelle. Même si l'adolescent a connu de bons résultats pendant toute sa scolarité, il est possible qu'à un moment, ses notes fléchissent. Si ce passage à vide reste temporaire, la situation ne prendra pas forcément une tournure dramatique. Parents et enseignants devraient donc rester vigilants sans pour autant s'alarmer plus que de raison.

En outre, exiger d'un adolescent qu'il se projette dans un avenir professionnel dont il est incapable d'esquisser les contours n'est pas réaliste. Fonctionnant dans une temporalité proche de l'immédiateté, l'adolescent vit une période d'expérimentation, de recherche et de construction personnelle difficilement compatible avec les projets d'avenir à moyen ou long terme. Pour cette raison, les adultes ayant une responsabilité éducative devraient accepter que les choix d'orientation pris à cette période ne soient pas toujours définitifs. A l'exception de quelques cas rares où l'adolescent sait précisément ce qu'il veut entreprendre, les tâtonnements, essais et erreurs jalonnent les parcours. Fort heureusement, les possibilités de passerelles et de réorientations sont bien plus flexibles aujourd'hui qu'il y a encore quelques années.

Une sanction impactante sur la construction de l'enfant

Un diagnostic d'échec scolaire posé sur un élève fragilise sa confiance en lui et impacte la construction de sa personnalité. Il n'est d'ailleurs pas rare que des adultes portent encore en eux, parfois des décennies plus tard, les stigmates d'une scolarité difficile. Certains panseront leurs blessures à travers une réussite professionnelle flamboyante qu'ils vivront comme une revanche. D'autres devront toute leur vie composer avec un manque d'estime et de confiance en eux devenu chroniquement fragile.

Changer de regard sur les filières courtes

Compte tenu des conséquences souvent déplorables qu'elle entraîne sur le psychisme de l'enfant, une réorientation en fin de collège vers une filière professionnelle devrait être envisagée plus positivement. En effet, et malgré les beaux discours sur la revalorisation du travail manuel dont elles font l'objet, ces filières sont encore trop souvent perçues comme des voies de seconde zone. Pourtant, tous les élèves n'ont pas vocation à entreprendre de longues études. Par ailleurs, ces filières courtes présentent l'avantage d'une insertion plus rapide dans la vie active, un atout non négligeable à l'heure actuelle. Malgré le regard désapprobateur qu'il peut parfois percevoir dans son entourage amical et familial, le jeune qui s'inscrit dans une filière professionnelle entreprend une démarche positive: il se donne la possibilité de se construire une nouvelle identité et de réparer une estime de lui mise à mal par des années de souffrance à l'école.

Pour accompagner les jeunes adolescents en situation d'échec scolaire et en voie de reconstruction, la sophrologie représente une aide précieuse. Elle leur permet en effet de s'approprier les outils nécessaires pour renforcer la concentration, la mémorisation, retrouver un sommeil réparateur et surtout retrouver une meilleure estime d'eux-mêmes

Cependant, si les causes de l'échec scolaire sont plurielles, une prise en charge globale de l'adolescent s'avère particulièrement efficace et salutaire.

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