La vidéosurveillance va-t-elle s'imposer dans les abattoirs?

Le Huffington Post

AGRICULTURE - Les syndicats agricoles ne veulent pas en entendre parler. Les associations de défense de la cause animale le réclame de longue date. Dans le débat très clivant sur la vidéosurveillance dans les abattoirs, les seconds reçoivent un soutien de poids ce mardi 20 septembre. Un rapport d'une commission parlementaire sur les conditions d'abattage des animaux se prononce en effet pour la mise en place d'un tel dispositif, selon les informations du Monde.

Créée au printemps après plusieurs scandales sanitaires révélés par l'association L214, cette commission met donc la pression sur le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll qui était jusqu'ici réticent à cette vidéosurveillance.

C'est le radical (ex-PS) Olivier Falorni qui a présidé les travaux auquel 30 députés ont pris part. Au-delà de très nombreuses auditions, ils ont également organisé quatre visites inopinées dans des abattoirs, qualifiés de "boites noires". Il en résulte de "nombreux dysfonctionnements". "Il est indispensable d'y remédier", estime la commission, particulièrement parce que la législation a changé il y a quelques mois, faisant passer les animaux du statut de bien meuble à celui d'êtres doués de sensibilité

Des caméras à trois endroits "critiques" de l'abattoir

Les parlementaires sont arrivés à la conclusion que le millier d'inspecteurs (1300 personnes) chargés de contrôler les 941 abattoirs de boucherie et de volaille ne peuvent plus s'en sortir seuls. D'autant qu'ils sont trop peu nombreux pour surveiller à la fois les questions sanitaires ou d'hygiène et le respect du bien être animal. C'est pourquoi la commission préconise une généralisation des caméras dans les endroits qualifiés de "critiques": les quais de déchargement, la zone de stabulation où les bêtes attendent d'être tuées et les postes d'abattage.

Les députés souhaitent que l'Etat aide les plus petits abattoirs à financer l'installation de ses caméras.

Pour éviter qu'elles ne deviennent un outil de surveillance des salariés, seuls les services vétérinaires, la direction et (peut-être) les syndicats pourraient visionner les images. Les associations ne pourraient, officiellement, pas y avoir accès.

En juillet, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll expliquait qu'il n'était a priori pas favorable à la généralisation de ces caméras. Il préférait responsabiliser toutes les personnes travaillant dans les abattoirs, pas seulement les salariés. "On sait que les cadences et les vitesses auxquelles peuvent aller les chaînes sont aussi des éléments qui peuvent avoir un impact sur la capacité qu'ont les salariés à pouvoir respecter l'ensemble des règles", disait-il.

Mais il ajoutait aussi attendre les conclusions de la commission d'enquête pour trancher. Sa réponse sera donc très attendue.

Statut quo pour l'abattage rituel?

Le ministre devra dire aussi ce qu'il compte faire sur l'abattage rituel. Alors que les associations, dont L214, réclament une interdiction pure et simple de l'abattage sans étourdissement -ce qui est autorisé par dérogation aux membres des cultes juifs (rituel casher) et musulmans (halal)- la commission parlementaire refuse d'aller jusque là. Le rapport propose de tester des nouvelles techniques avec un étourdissement qui ne provoque pas la mort ou juste après la saignée. Deux options rejetées par les responsables religieux.

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